J’ai décidé de vivre à Medellín !

j'ai décidé de partir vivre à Medellin

J'AI DÉCIDÉ DE VIVRE À MEDELLÍN !

On me demande souvent pourquoi j’ai décidé de vivre à Medellín.
Il n’y a pas de raison en particulier mais plein de facteurs différents qui m’ont conduit là-bas…

Suivre mon cœur

Je suis à l’aube de mes 31 ans et je réalise que rien ne s’est passé comme je l’avais imaginé…

Il y a quelques mois je vivais en Australie, plus heureuse que jamais, épanouie et amoureuse d’un mec courageux et aventurier. Je m’imaginais la décoration intérieure de notre future maison le long de l’océan à Newcastle et on visitait les parcs d’enfants en se disant que les nôtres rigoleraient bien ici… Moi qui n’avais jamais réussi à rester en place bien longtemps à un seul et même endroit, je me suis projetée passer ma vie dans cette petite ville d’Australie et j’étais hyper excitée. L’amour fait bouger des montagnes…

Et pouf ! Revirement de situation !! Mon mec a finalement eu d'autres aspirations… Maintenant il me fallait réapprendre à construire mes projets seule et ça m'a fait peur.

C’est marrant la vie, il y a des moments où tout semble facile et clair. Et pourtant, même dans ces moments-là, tout peut s’envoler ! D’un claquement de doigt !!

Je vais pas vous mentir, ça m’a pas mal secoué. Des tas de questions me submergeaient et je ne comprenais pas pourquoi. Pendant des semaines je me suis battue pour notre histoire. Et puis petit à petit, j’ai lâché prise et je me suis recentrée sur moi-même. J’ai arrêté d’essayer de comprendre et j’ai juste accepté le fait que c’était comme ça désormais, sans colère ni remords. Oui il y avait de la frustration et un peu de tristesse en moi, mais pas de colère parce que je sais que tout arrive pour une raison et qu’il faut faire confiance à la vie pour nous mener au bon endroit avec les bonnes personnes ! Et puis pourquoi être en colère contre quelqu’un qu’on aime ? Il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas lutter. Et si on aime vraiment quelqu'un, on doit respecter ses choix !

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Après un road trip au Vietnam pour me rebooster, je suis rentrée en France où je me suis réfugiée dans les livres et le travail. J’ai eu besoin de me créer ma bulle de coton pour pouvoir passer à l’étape suivante.

Et il était temps de prendre des décisions.

Où allais-je vivre ? Qu’est ce que j’avais envie de faire ? Mais genre vraiment envie, au plus profond de moi ? Quel projet je pouvais me fixer pour repousser mes limites et me donner des ailes ?

J’avais envie de vivre à nouveau en Amérique du Sud. C’était un début de piste ! J’ai pensé à la Colombie parce que je savais que les paysages avaient tout pour me plaire là-bas, mais je ne me sentais pas le courage d’y aller seule. J’ai pratiquement toujours voyagé seule, mais cette fois-là j’avais l’impression que ce n’était pas pour moi.

Et puis le PVT Colombie a fait son apparition et une amie m’a appelé pour me dire « J’ai envie d’aller vivre en Colombie ». Bingo !!! Voilà, j’ai trouvé mon nouveau projet fou !!

Je commence à en parler un peu autour de moi et beaucoup de personnes me disent « Mais tu es sûre, c’est dangereux là-bas quand même… »

Ce qu’elles ne savaient pas, c’est qu’elles me donnaient encore plus envie d’y aller !

Vous trouverez toutes les informations et les modalités pour l’obtention PVT Colombie sur cet article.

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Premières sensations

Nous décidons de nous installer pour quelques mois à Medellín. Tout le monde m’a dit que j’allais adorer cette ville et ça semblait être la meilleure option pour trouver du travail rapidement.

Je n’ai pas ouvert un seul guide de voyage, je ne connais rien de la Colombie, j’ai tout à y découvrir ! J’atterris à 3h du matin et ma première image de la ville correspond à des centaines de lumières éparpillées dans la nuit entre les montagnes. Je souris. J’ai hâte de découvrir ce que Medellín a dans le ventre.

Le jour se lève et ma déception est grande ! Après 48h sur place, je me rends compte que je déteste cette ville. Trop de monde, trop de pollution, de bruit, de voitures… Je me sens prise à la gorge. Je n’arrive pas à sourire, je me demande si je n’ai pas fait une erreur en venant ici…

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Après ces premiers moments de panique, je me suis rappelée que c’était normal, que c’était très déstabilisant de venir s’installer dans une ville qu’on ne connait pas du tout, et que j’avais eu cette sensation quasiment à chaque fois mais que cela disparaissait au bout de quelques jours. Et puis j’ai remis aussi les choses dans leur contexte : je sortais d’une bulle de coton confortable et le jeune homme avait eu la bonne idée de m’appeler dès mon premier jour en Colombie pour m’annoncer « je viens vivre en Europe. J’ai envie de te voir ! » Ah bon, ah bah c’est à dire que je me suis cassée à l’autre bout de la planète, ça tombe mal… Frustration ultiiiiiiime ! Allez, Medellín, je te laisse un mois pour me séduire !

La ville à l’éternel printemps

Bon finalement, trois mois après je suis toujours là-bas, et je suis très fière de pas avoir laissé la peur me faire changer d’avis !

Medellín est appelée la ville à l’éternel printemps parce que les températures y sont toujours agréables. Ce que je ne savais pas en revanche, c’est qu’il y a une saison des pluies. D’octobre à décembre, en général, il pleut tous les jours. Et puis quand il pleut, c’est le déluge. Pas de petit crachin parisien, ici la pluie elle tombe franchement, sans crier gare ! C’est parfait, je suis arrivée à Medellín mi-septembre avec que des shorts et un seul jean dans mon sac à dos !!

Vous me direz, je l’aurai su si j’avais ouvert un guide du voyage ! Mais bon, ça fait partie de la magie des découvertes

Et puis, je trouve ça très romantique d’entendre la pluie tomber fort quand on est bien au chaud sous la couette. Ca l’est beaucoup moins quand on est en claquettes dehors et qu’on glisse sur le bitume, je vous l’accorde !

L’avantage de toute cette pluie, c’est que Medellín est très vert. Enfin rouge et vert… C’est une ville tentaculaire alors il y a beaucoup de bâtiments partout, et les constructions sont toutes en brique là-bas car c’est le matériau le moins cher. Mais il y a aussi une douzaine de variété de palmiers différents dans chaque rue. Moi, tu me mets dans une ville avec des palmiers, je suis déjà heureuse…

dans les rues de Laureles - Medellín
vivre à Medellín - Colombie

Bon, par contre, je vous parle des orages ? Parce que qui dit pluies diluviennes, dit orages qui font peur à Medellín ! La ville est coincée entre de hautes montagnes et tous les jours jusqu’en décembre j’ai eu le droit à des gros tonnerres juste au dessus de ma tête. Vous savez, le genre de détonations qui fait sursauter et qui donne la chair de poule. D’ailleurs un colombien m’a dit que Medellín recensait le plus grand nombre de morts tués par la foudre au monde… Bon je ne suis pas si sûre de cette info, mais ce qui est certain c’est qu’il y a beaucoup d’orages…

Pourquoi Medellín m’a séduite ?

Medellín me plait pour plein de raisons.

Tout d’abord, j’adore l’accent colombien. Je trouve que c’est l’un des plus beaux espagnols au monde. Et j’adore leurs expressions et mimiques quand ils parlent. Je suis accro à la salsa, et la salsa colombienne, aïe aïe aïe, attention les yeux ! Et puis il y a la salsa colombienne et la salsa de Cali, deux styles bien différents. Les deux me plaisent et c’est un vrai spectacle de regarder les colombiens danser. On a le sourire à les regarder danser, ils ont le sourire en dansant, la vie est belle et légère ! Et pour moi, c’est un vrai kif de danser avec des colombiens sans qu’ils se rendent compte que je suis une étrangère, une gringa comme ils disent ici. C’est un challenge hyper valorisant. Et les rythmes de la salsa colombienne sont beaucoup plus urbains, plus ancrés dans le sol, ce qui me change de la salsa argentine.

Un autre truc qui me plait énormément à Medellín c’est qu’il n’y pas beaucoup de touristes. Bon moi avec mes cheveux ondulés bruns, tout le monde dit que je ressemble à une paisa (une habitante de Medellín). Je me fais démasquer dès que j’ouvre la bouche par contre... Mais je ne me débrouille pas si mal, on me demande en général si je suis argentine. Moi = contente !!!

Je me suis rendue compte qu’il y avait pas beaucoup de touristes dans les rues dès le début mais cela m’a vraiment sauté aux yeux quand j’ai une amie blonde qui est venue me rendre visite : là on était direct grillées et les enfants nous disaient « hello » dans la rue, tous les vendeurs de babioles essayaient de nous vendre quelque chose, des inconnus nous souriaient et il y a même eu une famille qui nous a suivi sur quelques mètres pour nous regarder d’un peu plus près. Haha ! J’adore ça, ça me donne l’impression que j’ai une position privilégiée, que j’ai le droit de voir quelque chose d’authentique, pas encore perverti par les travers du tourisme de masse !

dans les rues de Laureles - Medellín
dans les rues de Laureles - Medellín

Et pour finir, j’adore Medellín pour son histoire et sa volonté d’avancer. J’ai le sentiment d’être dans un pays où des événements historiques sont en train de se dérouler.

Quelques semaines après mon arrivée sur le sol colombien, il y a eu le vote Sí a la paz. Bon en l’occurrence c’est le non qui l’a emporté. Ne serait-ce qu’être en Colombie au moment de ces élections, ça m’a fait vibrer. J’étais curieuse, je voulais comprendre pourquoi les gens votaient oui, pourquoi ils votaient non, ce que cela impliquait.

Pour ceux qui n’ont pas suivi, les colombiens ont été invités à se prononcer par référendum pour ou contre l’accord de paix signé par leur gouvernement avec la guérilla des Farc.

En discutant avec les colombiens, je me rends compte que beaucoup de personnes ont voté non parce qu’ils ne veulent pas blanchir les Farc et leur donner ainsi la possibilité de se présenter aux élections. Il y a eu beaucoup de séquestrations avec demande de rançons et de morts et cela a touché tous les colombiens, de près ou de loin. Avant 2012, c'était la merde en Colombie !

J’ai été très surprise que le non l’emporte à ces élections, mais en discutant avec des locaux et en entendant leur colère, je me suis dit que c’était le jeu de la démocratie et que c’était bien qu’ils aient été entendu.

Mais au final, c’est bien plus compliqué que ça…

Tout d’abord, il y a eu le pire taux de participation au vote depuis 22 ans à cette élection. Les colombiens ne croient pas au système. Très peu ont été votés. Ensuite, dans les partie rurales du pays, c’est le oui qui avait la majorité alors qu’au final c’étaient les zones les plus touchées par la guérilla avec les Farc. Dans les grandes villes, le non a remporté la majorité. Ce qui signifie que c’est les plus concernés par cette guérilla qui voulaient pardonner et aller de l’avant. Quand je me suis rendue compte de cela, quand j'ai entendu qu’il fallait être intelligent et se montrer plus fort, que la guerre ne met pas fin à la guerre, que le pardon est essentiel pour continuer à vivre et à construire, ça m’a rendu triste que ce soit finalement le non qui l’emporte. Je pense moi aussi que la colère ne peut rien amener de bon…

la vue de Medellín depuis la Comuna Trece

Alors oui, Medellín c’est beaucoup de monde, de pollution et du bruit. Mais ce n’est pas que ça.
Et c’est pour ça que j’y suis encore !!

C’est une ville complexe, attachante, qui a beaucoup à donner quand on va au-delà des apparences.

Mais j’ai plein de choses à vous dire sur Medellín !! Il faut que je vous dise ce qu’il y a à visiter,
où sortir, comment j’ai trouvé mon logement, et tout plein de choses encore !

Look up - Medellín

24 commentaires

  1. Adriana sur 13 avril 2017 à 3:20

    Je suis tombée par hasard sur ton blog. Je suis colombienne et j’habite à Bogota. Tu seras la bienvenue si jamais tu veux venir. J’ai vécu pendant un an à Paris…. et tout simplement la façon dont tu as écrit cet article m’a beaucoup touchée… Bonne continuation avec plein d’aventures.

    • Ma Maison sur le Dos sur 13 avril 2017 à 6:39

      Merci beaucoup Adriana ! C’est adorable !!
      Je te ferais signe quand je viendrais à Bogota. Mon visa se termine bientôt mais je compte revenir à Medellin pour la rentrée. Je me sens si bien ici ! 🙂

  2. […] puis surtout vous avez vécu des choses extrêmement fortes, vous avez sûrement beaucoup changé et vous avez fait ça loin de votre entourage qui n’a pas […]

  3. Alaindici sur 6 mars 2017 à 5:00

    On tient un blog pour écrire et écrire, c’est toujours parler un peu de soi, non ?
    Merci de nous parler d’une ville peu fréquentée par les touristes. Le tourisme de masse est assez déprimant.

    • Ma Maison sur le Dos sur 6 mars 2017 à 7:46

      Oui Alain. Ce texte est très personnel et cela m’a demande un peu de « courage » pour le publier…
      Medellin est merveilleuse pour ça !

  4. Céline sur 4 mars 2017 à 10:31

    C’est un bel article! Et je pense qu’il ne faut pas avoir peur de se mettre à nue comme tu le dis. C’est exactement ça qui est intéressant dans ton article, tes ressentis, tes sentiments, ce qui t’a amenée à Medellin. En tous cas j’ai hâte de connaître la suite!

  5. Stephanie sur 2 mars 2017 à 11:37

    Très bel article ! La Colombie me fait de l’oeil, je ne sais pas pour quand c’est prévu, mais ça l’est c’est sûr 🙂 je te souhaite plein de bonheur !!!

  6. Pauline sur 2 mars 2017 à 10:22

    J’ai adoré ton article!!! Personnelement je n’ai que 20 ans mais je pars vivre en Irlande mardi. Certe, ce n’est pas aussi loin mais qui m’aurait dit, il y a deux mois, alors que j’étais étudiante en droit, que je lâcherai tout pour vivre mon rêve d’expatriation? Moralité, la vie est faite de surprises plus ou moins agréables et c’est cela qui fait sa beauté.

    • Ma Maison sur le Dos sur 2 mars 2017 à 10:35

      Merci Pauline ! Pas besoin d’aller loin pour changer ses habitudes et « grandir » !!! 🙂 Bonne installation à toi !

  7. TravelwithAlexita sur 2 mars 2017 à 8:34

    Super article, j’adore, ça donne trop envie. Malheureusement j’ai 31 ans, PVT c’est fini pour moi 🙁

    • Ma Maison sur le Dos sur 2 mars 2017 à 10:32

      Merci Alexita !! Tu peux toujours aller en Colombie avec le visa touriste de 3 mois qui est renouvelable 1 fois si tu veux ! 😉

  8. Capitaine Rémi l'explorateur sur 2 mars 2017 à 11:24

    Et bien, moi j’aime bcp ce genre d’article où on en apprend sur toi et sur Médellin. Ton non histoire d’amour et ton arrivée en Colombie me font penser à mes premiers jours à Cuba. J’étais complètement paumé et ça ne m’enchantait absolument pas d’ être loin de tout ce que je connais 🙁
    Mais comme tu le dis, on finit par prendre ses marques et à apprécier notre choix. Pour ma part, j’ai un peu plus de mal à me faire passer pour un local avec ma chevelure blonde et mes yeux bleus ahaha

    • Ma Maison sur le Dos sur 2 mars 2017 à 10:36

      Hahaha ! C’est vrai que c’est pas aussi évident pour toi de te fondre dans la masse ! 🙂
      Merci Rémi. Par contre c’est bel et bien une jolie histoire d’amour, même si c’est fini ! 😉

  9. Audrey sur 1 mars 2017 à 11:39

    Génial ton article!
    Sa me donnes encore plus envie d’y allez!!!
    Es que le pvt est facile a obtenir ? Et es que tu as trouver un job rapidement ?
    Merci a toi , tu m’a fait voyager le temps d’une lecture….

    • Ma Maison sur le Dos sur 2 mars 2017 à 12:44

      Le PVT Colombie n’est pas si facile à obtenir. C’est assez aléatoire.
      Et pour le travail, il vaut mieux parler un bon espagnol et avoir quelques contacts sur place, mais rien d’impossible !
      De toute façon, tout est possible dans la vie quand on s’en donne les moyens ! 🙂

  10. PYctures sur 1 mars 2017 à 10:54

    Merci d’avoir partagé tes découvertes !

  11. Audrey sur 28 février 2017 à 11:20

    <3

  12. Mely sur 28 février 2017 à 8:30

    Bravo à toi pour ton courage d’être partie là bas, sans ton « courageux », et je dirai d’expérience, c’est mieux seule. J’ai passé quelques jours à medellin et cette ville pleine de contrastes t’apportera beaucoup. J’ai adoré la Colombie car on en a une idée fausse vu d’Europe alors que c’est un pays à découvrir. Continue fièrement ton aventure et apprécie chaque rencontre?

  13. Sabine sur 28 février 2017 à 6:42

    Ohlala ma grande Amelie, que de chamboulements! Je suis ravie de te lire et savoir heureuse après tous ces questionnements… suis toujours ton instinct, il est le meilleur indicateur de bonheur !
    Si je pouvais, je prendrai un billet sur-le-champ pour faire la blonde numéro 2 🙂 gros bisous et à bientôt

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