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Caroline en Colombie

VOYAGEUSE SPONTANÉE,
CAROLINE A POSÉ SON À DOS EN COLOMBIE

Curieuse et progressiste, Caroline a suivi son instinct, s’est fait confiance et a gagné en amour propre. Interview d’une voyageuse qui a finalement décidé de s’installer en Colombie.

Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m'appelle Caroline, j'ai 30 ans, je suis française et je vis à Medellín depuis 4 ans.  Je me définirais comme une personne très curieuse, voyageuse et progressiste.

Tu es plutôt sac à dos ou valise ?

Sac à dos sans hésitation !

Quel est le dernier voyage où tu es partie toute seule ?

La dernière fois, cela date malheureusement. C'est quand je suis partie au Costa Rica et que, un peu déçue, j'ai décidé de prendre l'avion pour Medellín, en Colombie, où je vis maintenant depuis 4 ans.

Pourquoi avais-tu décidé de voyager seule ?

J'adore voyager seule. C'est toujours un peu effrayant mais ça te pousse à sortir de ta zone de confort. En tant que femme, je suis toujours plus prudente et je sais aussi me fier à mon instinct. Dans ce cas précis, on va dire que j'avais décidé de partir en voyage pour apprendre l'espagnol et vivre sur place. Comme le Costa Rica ne m'a pas plu, j'ai suivi mon instinct, et les conseils des voyageurs et voyageuses rencontrés sur le chemin et je suis partie en Colombie.

Quels ont été les bienfaits de ce voyage ?

Je dirais que ma curiosité s'est affinée, mon espagnol s'est amélioré, j'ai rencontré des personnes très facilement et c'était d'ailleurs de belles rencontres. J'ai pris des décisions spontanées que je ne regrette absolument pas. Je me suis faite confiance et de ces expériences j'ai gagné en amour propre.

Cero de los Tres Cruces - Medellín

Est-ce que tu as vécu une mauvaise expérience ?

Non, comme je l'ai dit, en tant que femme, je suis très prudente, je me fie à mon instinct. Je n'hésite pas à m'aventurer dans certains endroits qui me semblent fiables mais je ne mets jamais en situation de risque.

Comment tu t’en sors financièrement en Colombie ?

Je donne des cours en ligne, c'est finalement la façon de travailler la plus facile pour moi. Je choisis mes horaires, je travaille à mon compte d'où je veux et je gagne de l’argent en dollars, ce qui est plus avantageux que les pesos colombiens.

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Évidemment, ça prend du temps avant d'avoir des étudiants réguliers, mais c'est une bonne option quand on veut vivre à l'étranger. Je donne aussi des classes présentielles et, avant, je travaillais pour des écoles publiques et privées, mais ça ne m'a jamais vraiment plu.

Je travaille à la base dans les droits humains, notamment les droits des femmes. Après avoir longtemps cherché ici un travail dans une ONG ou fondation, j'ai laissé tomber ; si en Europe c'est déjà difficile d'être correctement payée, on peut totalement oublier en Colombie. Les salaires colombiens sont tellement bas que c'en est ridicule. La plupart du temps, c'est du bénévolat qui est proposé. Je fais partie d'une association féministe mais leur fonctionnement est très étrange, je ne sais jamais comment me rendre utile.

Est-ce que tu as découvert quelque chose qui t’as surprise ?

Oui, j'ai découvert que les idées reçues et la peur, l'image que tu peux te faire d'un pays, d'une région, sont très souvent illégitimes. La Colombie avait tellement mauvaise réputation, moi-même en arrivant j'ai pris énormément de précautions. Quand tu es confrontée à la réalité du pays tu te rends compte qu'il y a beaucoup de fantasmes et que les humains ne sont pas plus mauvais dans un endroit que dans un autre.

Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ?

J'ai appris que j'étais une personne responsable et curieuse. J'aime voyager parce que ça remet constamment en cause tes préjugés et ça te remet à ta place en t'injectant une dose d'humilité.

Est-ce que tu as ressenti le blues de la maison une fois à l’étranger ?

Jamais, même en vivant depuis longtemps loin de la France. Bien sûr, la qualité de la vie me manque, la bouffe soyons honnêtes, mais le reste non, j'assume mon choix.

Caroline en Colombie

Est-ce que tu t’es senti en danger ou bien seule à certains moments ?

En danger non. Seule oui, mais même en France, près de mes ami.e.s ou ma famille ça m'est arrivé. Vivre à l'étranger n'est pas toujours facile, tu vis en décalage avec les gens que tu aimes, et puis tu finis par te créer ton propre groupe d'amis et la vie continue.

Est-ce que tu es rentrée en France depuis ton installation en Colombie ?

Oui et à chaque fois que je rentre en France, je suis contente et agréablement surprise. J'ai cette idée que les français et les françaises sont fermés d'esprit, fiers et arrogants, mais plus ça va et moins je trouve que c'est vrai. Aussi, j'ai tendance à me souvenir des raisons qui m'ont faite partir, en oubliant que c'est mon pays, j'y ai grandi et j'y suis attachée.

Si tu devais recommencer, tu ferais exactement pareil ou pas ?

Je le ferais avant !

Quel conseil tu nous donnerais avant de partir voyager seule ?

Voyager seule est l'expérience la plus positive que j'ai pu avoir. Une fois la peur dépassée, on est envahie d'un sentiment de liberté. C'est normal d'avoir des appréhensions, mais on ne peut pas se laisser guider par ses peurs toutes sa vie. Il vaut mieux ne pas attendre d'avoir été épuisée par la vie, le travail, avant de tout claquer et partir en voyage.

Voyager ne doit pas être une échappatoire aux problèmes, car les problèmes, on les retrouve toujours à un moment. Je pense au contraire qu'il faut voyager l'esprit sain et serein, par respect pour soi et pour les endroits que l'on va découvrir. Trop de personnes ont tendance à appréhender le voyage comme une découverte, une introspection. Oui, ça l'est, mais ce ne doit pas remplacer une thérapie. J'ai rencontré beaucoup de voyageurs hommes sur mon chemin, brûlés par le travail, épuisés de leur vie qui n'avait pas de sens. Ce ne sont pas des personnes agréables à croiser, ils cherchent des réponses et du sens au mauvais endroit, c'est un ou une psychologue qu'il faut aller voir.

Aussi, ne pas avoir le complexe de supériorité de voyageur du premier monde, c'est vraiment agaçant. On ne va sauver personne en étant volontaire 4 jours sur son lieu de vacances. Justement parce qu'on est en vacances et on a ce privilège. Il faut toujours remettre les choses dans leur contexte et ne pas oublier que beaucoup de personnes vivent du tourisme, et cela explique certains prix abusifs.

En tant que femme, je dirais de toujours se fier à son instinct, mais les femmes en général sont toujours plus sur leurs gardes que les hommes.

1 commentaire

  1. Paillusson Alain sur 28 juin 2020 à 9:05

    Bravo la Miss

    Il faut une certaine dose de culot pour rester dans ce pays !

    Mais chacun ,chacune suit son bout de chemin et c’est bien ainsi .

    Attention au CORONA VIRUS quand même car les m’edicaments ne doivent pas courir les rues .

    Bon courage et protège toi .

    Alain

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