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Comment réduire son empreinte carbone quand on voyage en avion

22 avril 2020

Est-ce qu’aujourd’hui on peut encore prendre l’avion sans se sentir coupable ? Peut-on continuer à voyager parce qu’on aime la nature tout en sachant que notre vol est le moyen de transport le plus polluant qui existe ? Est-il possible de voyager et réduire son empreinte carbone en même temps ? Réflexion & conseils.

Avoir le cul entre deux sièges d’avion

J’ai beaucoup voyagé, j’adore cela, et pourtant je n’ai jamais vraiment aimé prendre l’avion ni vu le romantisme que certains attachent aux aéroports. Je suis toujours un peu crispée au moment de l’atterrissage, au cas où il y aurait un problème technique. Maintenant, je suis crispée même au moment du décollage et pendant tout le vol d’ailleurs car j’ai l’impression d’être une arnaqueuse : je fais de mon mieux pour réduire ma consommation de plastique au quotidien, je consomme majoritairement des produits locaux et bios, j’ai arrêté de manger de la viande et des produits laitiers, tout cela dans le but de réduire mon empreinte carbone ; et pourtant je flingue tous ces efforts en prenant l’avion. Je fais la morale à mon entourage concernant leur consommation qui n’est pas toujours très responsable alors que je prends 2 vols longs courriers minimum par an, et cela depuis les 8 dernières années. Je suis vraiment une enflure ! Voilà le discours qui tourne en boucle dans ma tête à chaque fois que je m’assois dans un avion maintenant…

J’imagine que je ne suis pas la seule. Voici donc quelques conseils, du plus facile au plus efficace, à adopter dès maintenant, pour calmer vous aussi ce double discours dans votre tête et vous sentir plus tranquille quand vous voyagez.

Calculer et compenser son empreinte carbone

Chaque vol en avion relâche des émissions de C02, d’oxydes d’azote ainsi que des traînées de condensation dans l’atmosphère. Vous avez la possibilité de calculer combien de CO2 votre vol émet et compenser cela en plantant des arbres ou bien en participant à des projets associatifs dans le développement durable.

Comment cela fonctionne ?

Il y a de nombreux calculateurs en ligne qui peuvent vous indiquer un prix correspondant à la compensation de votre vol en fonction de la distance entre votre ville de départ et votre ville d’arrivée. Libre à vous ensuite de verser cette somme au projet qui a le plus de résonance pour vous.

Comment choisir ?

Il y a tellement d’options de compensation carbone aujourd’hui qu’il est difficile d’y voir clair. Surtout, comment savoir si ce n’est pas du green whashing, une fausse bonne action dont le but est de calmer notre conscience ?

D’abord, assurez-vous de la transparence des actions de l’association ainsi que du suivi dans le temps des projets. Le but n’est pas de commencer quelque chose qui ne servira à rien dans 10 ans mais d’avoir une vision sur le moyen-long terme. Ensuite, vérifiez ensuite quels sont les éventuels actionnaires, leur déontologie et philosophie. Il faut qu’à travers leurs projets environnementaux cela contribue au développement socio-économique des populations alentours. Enfin il est important de vérifier que cette association détient des labels et certifications environnementaux ainsi que des commentaires positifs des usagers.

ReforestAction

Après de nombreuses recherches, j’ai sélectionné ReforestAction car je souhaitais un projet de reforestation qui se déroule aussi bien en France qu’à l’étranger. J’ai été séduite pat tous les détails auxquels on a accès sur leur site web pour chacun de leur projet. J’ai fait la comparaison de leur calculateur avec d’autres outils en ligne et il me parait juste et clair. De plus, on a l’option de compenser pour tous types de transports mais aussi pour notre consommation d’énergie en général. J’ai calculé mon dernier vol international + deux vols nationaux et cela correspondait à 1t de CO2, soit 9 arbres plantés. J’ai pu choisir le projet exact auquel je voulais participer, voir des photos, savoir que cela contribuera à 9h de travail créé et à la lutte contre la désertification de la région. Cela m’a coûté 30€ ce qui est vraiment accessible pour tous ceux qui voyagent. Je pense que lorsqu’on est en mesure de dépenser 400€ pour un billet d’avion, on peut ajouter 30€ supplémentaires sans problème. Cela devrait même être rendu obligatoire et automatique pour chaque achat de billet d’avion !

Je tiens à préciser que ceci n’est pas du contenu promotionnel, je ne suis pas en contact avec cette association, je partage mon ressenti sans aucune contrepartie financière.

Une solution qui ne fait pas l’unanimité

Le problème avec la compensation est que la pollution des avions est immédiate quand on voyage, contrairement à la séquestration du carbone par les arbres qui prend quelques années. De plus, on ne compense que les CO2 et comment vérifier ou comptabiliser vraiment cette compensation carbone qui se trouve parfois à l'autre bout du monde ?

Réfléchir à deux reprises avant d’acheter un billet d’avion

La compensation carbone est une bonne chose à faire et surtout c’est facile mais c’est loin d’être suffisant. Il faut en parallèle éviter de prendre l’avion pour des trajets nationaux par exemple et privilégier le train idéalement ou le bus pour les voyages de moins de 800 km. À savoir qu’un trajet Orly-Nice correspond à 86 kilos de CO2 par passager en avion contre 2,1 kilos en TGV. Ça n’a rien à voir !

Au Royaume-Uni, plusieurs organisations, dont Greenpeace, soutiennent l’instauration d’une taxe progressive sur les vols fréquents : tout le monde aurait le droit à un vol non taxé par an, après cela, une taxe de plus en plus élevée serait appliquée sur les vols supplémentaires ce qui nous forcerait à prendre des transports moins polluants pour les trajets les plus courts. J’aime beaucoup cette idée !

Quand on pense à prendre le train plutôt que l’avion, on se dit que ça va nous coûter beaucoup plus cher et être moins rapide, mais ce n’est pas toujours le cas. Prenons en compte tous les frais et temps supplémentaires que l’avion engendre, à savoir se déplacer jusqu’à l’aéroport, être sur place minimum 1h à l’avance, faire l’enregistrement, etc. La différence est souvent moins grande que ce qu’on imagine.

Si vous ne pouvez pas faire autrement que prendre l’avion, il y a certaines compagnies aériennes qu’il faut éviter coûte que coûte, telle que RyanAir qui faisait partie du top 10 des plus gros pollueurs de L’Union Européenne en 2018.

Se souvenir également qu’il est bon de vouloir réduire son empreinte carbone en diminuant ses voyages en avion mais que ça ne sert pas à grand-chose si on achète sans arrêt des produits qui viennent de l’autre bout du monde. Le transport de marchandises est responsable d’une part significative des émissions de carbone. Pensons à consommer local le plus possible !

Militer pour un changement des lois

Prendre l'avion est aujourd'hui très abordable. C'est devenu normal pour chaque vacances ou même pour un week-end de se diriger vers l'aéroport..

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Les prix très bas des vols ne reposent pas uniquement sur les progrès techniques dans l’aviation ou sur la forte compétitivité du secteur. Contrairement au trafic automobile ou ferroviaire, l’aéronautique ne paie aucune contribution pour la protection du climat. Il est même exonéré d'impôts ! Le kérosène bénéficie d'un régime d'exception en matière de taxes et les passagers ne payent pas de TVA. Le trafic aérien ne supporte pas seul les coûts écologiques qu'il engendre, il les laisse à la charge de la collectivité. Voir plus d’infos ici.

Il serait peut-être temps de se diriger vers une transition plus juste pour tout le monde ? Ça peut paraître un peu étrange de lire cela sur un blog de voyage, mais voyager ne devrait pas se faire à n’importe quel prix, surtout pas si cela signifie qu’on oublie ses valeurs et ses idéaux. Peut-être qu’on peut moins voyager mais mieux ? Qu’en pensez-vous ?

Arrêter de prendre l’avion

Moins de 10 % de la population mondiale a déjà pris l’avion, pourtant cette minorité est responsable d'importantes émissions. Tristement, ce sont principalement les non-voyageurs qui sont le plus durement touchés par la crise climatique.

Alors, même si les compagnies aériennes parlent de réduire leurs émissions ou bien d’utiliser des avions électriques, cela restera insuffisant pour compenser la croissance du trafic aérien qui elle continue de s’accélérer grâce à une offre toujours plus attractive avec les compagnies low-cost et la facilité des réservations en ligne. Mieux vaut donc ne pas émettre du tout plutôt que de compenser afin de réduire de façon drastique nos émissions.

On a l’impression qu’il est impossible d’arrêter de prendre l’avion aujourd’hui, c’est en tout cas un choix très radical qui demande beaucoup de courage. Je n’imagine pas être en mesure de le faire pour le moment, cela fait tellement partie de mon style de vie puisque j'habite à l'étranger depuis bientôt 10 ans. Cependant, je compense mon empreinte carbone systématiquement maintenant et j’ai vraiment envie de réduire mes vols en avion au maximum, ce qui implique déjà un changement de vie assez important pour moi : au revoir l’Amérique du Sud, je prévois de revenir en Europe où le système ferroviaire est beaucoup plus développé et accessible. Et même si je ne me sens pas capable pour le moment d’arrêter de prendre l’avion, réaliser que je fais partie de ces petits 10 % de la population mondiale me motive à essayer de faire de mon mieux.

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