Le jour où j’ai cru finir en prison pour trafic de drogue

Voyage au Venezuela

LE JOUR OÙ J’AI CRU FINIR EN PRISON POUR TRAFIC DE DROGUE

C’était un jour ensoleillé. Un jour presque normal !
Je prenais l’avion pour effectuer un vol interne au Venezuela.
Mais rien n’est normal au Venezuela…

« Vous êtes Française ? Suivez-moi ! »

J’étais au Venezuela en vacances chez une amie pour les fêtes de fin d’année. Nous étions dans un petit village andin, à la frontière avec la Colombie et nous prenions l’avion pour aller voir les plages des Caraïbes.

Jusqu’ici, pas de problème, la vie est belle ! Je suis à l’aéroport de Mérida, j’ai fait la queue pendant 3 heures pour enregistrer mon bagage parce qu’au Venezuela, quoi que tu fasses, tu dois être patient et faire la queue. Et puis de toute façon il n’y a que 25 sièges à tout casser dans l’aéroport, donc on ne risquait pas de s’assoir…

Je fais donc la queue pour enregistrer mon sac à dos, passe le détecteur à métaux avant de monter dans l’avion quand un officier de la douane vient vers moi et me dis : « Vous êtes Française ? Suivez-moi ! » Gloups ! Il n’a même pas regardé mes papiers, il s’est dirigé vers moi directement et connaissait ma nationalité. Un peu étrange….

Il m’emmène à l’autre bout de l’aéroport dans une petite salle pour me fouiller. Rien que d’aller aussi loin de la porte de l’avion commence à m’inquiéter, je me demande vraiment où je vais finir, surtout que l’officier me fait la tête du pas content.… Donc petite fouille de mon sac à main, puis fouille au corps. Ensuite il se met à compter combien j’ai de dollars en liquide et là je me dit que je suis bonne pour payer un pot de vin…

Et jusque là, aucune explication de la part de l’officier… Curieuse, je lui demande ce qui se passe. Il me dit que c’est une simple procédure. Sa soi-disant procédure dure depuis 15 min et moi je me dis que l’avion ne va pas m’attendre… Les autres passagers étaient en train d’embarquer quand l’officier est venu me chercher. Et ce billet d’avion, j’ai vraiment galéré à l’avoir, j’ai dû le payer à un agent en marchandant avec une bouteille de rhum et de lait… J’exprime donc mon inquiétude à l’officier des douanes qui hausse le ton et me dis de coopérer et que  « si je dois louper mon avion, j’en prendrais un autre et puis c’est tout !»

Double Gloups ! Et alors cerise sur le gâteau : le monsieur me demande mon téléphone portable pour regarder toutes mes photos, les unes après les autres…. Alors là, j’ai halluciné !

Je me suis dit qu’on avait sûrement caché quelque chose dans mon sac à dos car il avait l’air tellement sûr de trouver quelque chose en me contrôlant que c’était louche. Et puis le fait qu’il regarde mes photos, je me suis sentie beaucoup plus touchée dans mon intimité que quand ils m’ont fouillé !

Bon, au final, ils n’ont rien trouvé. OUF ! Et oui ! Pas de drogue dans mes  affaires ! Je commençais moi-même à en douter… Et mon avion m’avait attendu pendant ces 20 minutes interminables !! Une mise en scène un peu catastrophe pour pas grand chose…

des vacances au Venezuela

Le Vénézuela ou l’art de la débrouille

En y réfléchissant un peu, cette opération de contrôle à la douane lors de mon voyage au Venezuela n’est pas si illogique.

J’étais dans un petit village, Zea, où il n’y a pas de touristes. Il n’y a aucune raison pour un étranger d’aller là-bas ! C’est la campagne, il n’y a que des vaches, des champs de bananiers et des montagnes. Et pourtant moi j’y ai passé un moment hors du temps dans la famille de mon amie qui m’a accueillie à bras ouverts. Ce village se trouve à la frontière colombienne, et la Colombie est connue notamment pour son trafic de drogue. Donc inévitablement, j’ai créé de la suspicion en me rendant là-bas avec ma petite tête de française…

un voyage au Venezuela

En plus le Venezuela n’est pas en grande forme économique, c’est  devenu le pays de la débrouille et du troc. Gros producteur de pétrole, faire un plein d’essence au Venezuela ne coûte que 4 centimes. Alors le trafic d’essence s’est installé entre le Venezuela, la Colombie et le Brésil. Des petits malins tentent de se faire de l’argent en emmenant des bidons d’essence à la frontière. Ils arrondissent leurs fins de mois qui sont plutôt difficiles… Les autorités tentent bien de mettre fin à ce trafic en imposant des quotas pour le retrait d’essence par jour et par habitants ; mais cela  ne fait qu’accentuer le phénomène de file d’attente dans tout le pays. Vous vous souvenez ? Je vous disais qu’au Venezuela, il fallait attendre et faire la queue pour la moindre démarche, aller au supermarché, à la banque, et même à la station essence où vous pouvez attendre facilement 4h pour faire le plein !!

Et vu que les flics sont eux-mêmes corrompus jusqu’à la moelle, il suffit de connaître l’un d’entre eux, de lui filer un petit billet ou bien une bouteille de rhum, et vous pouvez faire le plein plus rapidement… Du grand n’importe quoi !! Bref, au Venezuela, si tu n’as pas de contact, tu n’as rien ! Tu peux avoir de l’argent, très bien ! Mais il faut surtout que tu connaisses les bonnes personnes et que tu fasses du troc pour pouvoir t’en sortir… Du lait contre des billets d’avion, du papier toilette contre un service, etc…

Les galères font les meilleurs souvenirs…

C’est toujours comme ça ! Les plans galères se transforment en nos meilleures anecdotes … C’est au final ces moments difficiles qu’on aime bien raconter en rentrant à la maison, ces moments-là dont on se souvient pendant des années !

Par exemple, une fois j’ai demandé au père de mon amie vénézuélienne si je pouvais récupérer  mon boudin dans le coffre de sa voiture au lieu de dire mon sac à dos… Mochila, morcilla, c’est quasiment pareil… Vous auriez dû voir la tête qu’il m’a lancée ! Et puis c’était devenu la blague qu’il a répétée à toute la famille. En même temps je suis partie vivre en Amérique du Sud sans vraiment parler espagnol… J’avais des vagues notions qui dataient de l’époque du lycée, mais ça n’a pas été facile au début. En revanche j’ai amélioré mon espagnol à vitesse grand V. Mais voilà, j’ai appris à parler en discutant et en écoutant mes amis parler et pas vraiment devant un tableau d’une école. Du coup, je ne sais pas vraiment écrire en espagnol puisque j’ai tout appris à l’oral. Des fois il y a des loupés…

vacances aux Caraïbes - Venezuela

Ou bien une autre fois, on a perdu les clés du van dans l’Océan Indien, ça c’était un vrai plan galère ! On voyageait en mode petit budget et ça aurait pu plomber nos vacances ! Mais maintenant, ça me donne le sourire quand je pense à la peur qu’on a eu et comment on s’en est sorti.

Je ne cherche quand même pas les ennuis quand je voyage ! Au contraire! Mais je me dis que rien n’est lisse et parfait et que c’est beaucoup plus facile quand on prend les imprévus avec le sourire. Bon, je suis quand même contente de ne pas être passé par la case prison au Venezuela…

Et vous ? Quelle a été votre plus grosse galère pendant vos voyages ??? Faites-moi rire !

15 Comments

  1. Patrick sur 24 juillet 2015 à 2:15

    Pascale

    La lecon a tirer , et beaucoup de touristes nen tient pas compte. Ne jamais ammener bijoux qui « flashe », qui brille, belle apparenc, meme si pour toi cela a de la valeur ou ne vaut rien en valeur sentimentale, familliale ou monetaire, eux ne le savent pas. Tu est une gringo pur eux, cela brille, ou est beau, donc cela doit avaoir de la valeur. Maintenant certains sont bien organiser, ils (elles) te suivent depuis un ceratin temps, achete ou font semblant d’acheter a la caisse (et sont derriere toi) et regarde ton portefeuille et vont te coincer dans un coin « noir ou meme en moto qui passe, surtout si tu as ton sac a main du cote de la rue. J’ai vue cela bien des fois et cela n’arrive pas seulement qu’aux etrangers. Donc prudences, etrangers = $$$.

    • Amélie sur 25 juillet 2015 à 3:58

      Oui, le mieux c’est toujours de se fondre dans la masse pour éviter de se faire remarquer Patrick. Après, il ne faut pas tomber dans la parano, on peut très bien se faire voler en France et ça arrive tous les jours. Je déconseille d’aller en vacance au Venezuela en ce moment pour des raisons de sécurité, mais je garde espoir que la situation va vite s’améliorer là-bas ! 🙂

      • Patrick sur 25 juillet 2015 à 4:59

        oui en France ou partour ailleurs, maid Caracas n’est t’il pas la 3eme ville en criminalitee au monde. Je suis Corse de naissance , J’ai sans pretention voyagee dans 26 pays, je peut dire pour moi meme, que les touristes font beaucoup d’erreures, et celles ci sont peut etre pardonable en France, en Bulgarie, a Thailand, et me aux USA, mais la on parle du Venezuela. Faut y aller at voir.



  2. Patrick sur 24 juillet 2015 à 2:08

    Tu as ete chanceuse, car il n’est pas rare et pourtant on n’en parle pas beaucoup, de touristes qui se sont fait refiler de la drogue dans leur valise et oui meme par les authoritee pour te soutirer de la’rgent, dons toujours garder ses valises avec les « menottes » attachees a celle-ci. La Colombie est reputee pour la drogue, mais ce que les gens ignorent, c’est que maintenant le Venezuela est devenu le passeur de drogue, enormement de transport ce fait du Venezuela dans la drogue provenant del Colombie (surtout frontiere) et de la a l’international, cela libere la Colombie d’un gros fardeau. Alors se faire pincer que tu sois ou non coupable a tout poste frontalier (je parle aussi des gros et petits aeroports et meme sur les nombeux checks sur la route par la police du coin ou nationale tres nombreux) te coutera un vraiment desagreable temps de voyage prolonge que tu n’avias pas prevu, (les prisons ne sont pas droles la-bas, c’est pas la Tele et le steack a tous les jours comme au Canada).

    J’evite les coins de frontieres entre le Venezuela et la Colombie et les coins entre le Venezuela et le Bresil pour le marche d’organnes, une autre histore pas drole non plus la bas.

  3. […] à la douane de l’aéroport pour une fouille très particulière et où je pensais que j’allais finir mes jours injustement en prison pour trafic de drogue… Ou bien quand je pense à la fois ou j’ai fait du parapente dans la savane avec la vue sur les […]

  4. LadyMilonguera sur 15 avril 2015 à 3:17

    C’est vrai qu’on se fait facilement des films dans ce genre de situation..; Heureusement, ils n’ont rien trouvé.

    • Amélie sur 17 avril 2015 à 3:39

      C’est ça! Après 10 minutes de fouille, je me suis dit que c’était pas normal… Et tous les scénarions me sont passés par la tête! 🙂

  5. Pascale de Kenweego sur 9 avril 2015 à 11:17

    C’est vrai que parfois ce sont les galères qui font les meilleurs souvenirs ! Tout dépend aussi de la galère en question…
    Je suis partie au Mexique pendant presque un an il y a quelques années. Et pour le coup, il m’est arrivé un paquet de galères !
    Je ne crois pas avoir vraiment eu peur, mais j’ai été très contrariée…
    En partance pour Puerto Escondido, au départ de Monterrey, je me suis arrêtée dans la ville de Oaxaca, dans l’état du même nom.
    En plein après-midi, dans une rue bondée, je me suis faite agresser et arracher ma chaine en or avec ma croix de baptême (pourtant bien cachées sous un t shirt à col rond).
    J’ai vécu ma première agression et en plus de me faire voler un bijou de famille auquel je tenais je l’ai pris pour une attaque personnelle et j’ai été profondément choquée. D’autant plus qu’il s’agissait d’un signe religieux…
    Mais restons positif: je pense que de chaque galère on peut tirer des leçons ! Et surtout, ça forge le caractère !

    • Amélie sur 9 avril 2015 à 2:43

      Oui c’est un vraie galère de se faire agresser ou voler. Même si c’est toujours un mauvais plan, il faut apprendre à relativiser… 🙂

  6. Voyageurs Sans Frontières sur 8 avril 2015 à 10:27

    Waouw quelle histoire!! De quoi faire transpirer dis donc!!! On imagine que tout le film midnight express a dû tourner en boucle dans ta tête ^^ . Au final tu as dû le payer le pot de vin alors?
    Bon nous on a jamais eu de grosse galère comme ça mais une grosse frayeur tout de même… Lors de notre voyage au cap vert nous avions pris un guide pour effectuer quelques rando et découvrir les bon spots. L’avant dernier jour, il a appelé un ami restaurateur afin qu’il pêche une langouste spécialement pour nous, pour diner le soir même. La journée se passe, et arrivés en fin d’après midi nous décidons de retirer de l’argent afin de payer notre guide et le restaurant du soir. Nous insérons alors notre UNIQUE carte bleue (celle pour l’étranger), on suit les instructions et bim carte avalée :s ! Je pense que nous n’avons jamais été aussi gênés et stressé de savoir comment il allait prendre le fait que nous n’avions aucune idée de comment le payer lui et son ami qui est allé à la pêche spécialement pour nous… Et comment recupérer la carte bleue avant notre départ? Pourrons nous seulement la reccupérer? Comment allons nous rentrer sans argent ni moyen de paiement? Mais ça c’est parce que nous raisonnions à l’occidentale… Il a sourit, voir même rigolé, nous a dit de ne pas nous inquiéter, il nous a avancé le restaurant, et nous a amené au guichet le lendemain ou nous avons pu récupérer notre carte en 2 minutes montre en main juste en la demandant gentiment… Bien plus facile et rapide qu’en France!

    • Amélie sur 8 avril 2015 à 1:36

      haha! J’imagine la frayeur que vous avez eu… Une histoire qui s’est bien terminée! 🙂

  7. Jordan sur 6 avril 2015 à 1:59

    J’ai oublié la seule vraie galère, car j’étais jeune … après le brevet, je suis parti avec le collège pour 19jours au Mexique (chance de dingue, on a vendu des sapins de noel et des oeufs de paques pendant deux ans pour y financer). Le dernier soir, alors qu’on partait de Mexico le lendemain, les profs viennent nous voir au restau et nous expliquent que les dépenses imprévues (beaucoup on été malades, donc hopital &co) font qu’ils n’ont plus assez d’argent pour payer la bouffe, et qu’il va donc falloir partir sans payer.
    Fatalistes, on se lève, certains feignent d’aller fumer, d’autres de téléphoner, certains marchent juste, on s’éloigne doucement du restau quand soudain les profs sortent en courant, suivis par le serveur au téléphone qui appelle les flics ! On détale, se sépare en petits groupes, apeurés, les enfants des profs (6 et 9 ans) pleurent, on se rejoint tous à l’auberge et on attend avec appréhension l’arrivée des profs.
    Quand ils arrivent déjà hilares, ils éclatent plus encore de rire de nous voir ainsi apeurés : non seulement ils ont payé, mais ils ont donné un supplément au serveur pour qu’il fasse semblant d’appeler la police …

    • Amélie sur 6 avril 2015 à 11:50

      Rooooo la blague!
      En lisant ton histoire, je me disais qu’ils étaient gonflés ces profs…
      C’est fou cette histoire!

  8. Jordan sur 6 avril 2015 à 1:38

    De mon côté j’ai surtout voyagé en Europe donc les galères sont dans des proportions plus petites … entre Rome et Naples on a pris un billet de train à 10euros à un horaire donné, on est monté dans un train qui partait à la même heure pour le même endroit, sauf que c’était un TGV ! Rien de bien grave mais on a eu l’air cons et on a du repayer le billet.

    Dans le registre stupide également, à Londres on est allées deux fois à Buckingham Palace : la première y avait personne et on a jugé ça trop petit et tout pourri (par rapport à nos chateaux français) donc on est partis en pensant s’être plantés, pour finalement revenir le lendemain …

    Le plus galère que j’ai eu c’est en auberge, mon voisin du dessus des lits à étage qui me vomit dessus et sur mon sac à dos à Prague, deux heures avant de prendre le train pour Krakow … les 8heures de voyages avec un sac qui pue la gerbe, bon courage !

    Après niveau comique c’est pas des galères mais un type étrange et éméché a estimé à Krakow que j’avais deux boucles d’oreille, donc je pouvais lui en donner une 😮
    Et à Belgrade le chauffeur de taxi, étonné de voir deux hétéros rentrer seuls de boite, a lourdement insisté pour nous emmener aux putes, il avait même des cartes de visites …

    Pas de grosse galère en somme mais des bonnes rigolades !

    • Amélie sur 6 avril 2015 à 11:47

      Ah oui Jordan, t’as un bon paquet d’anecdotes!
      Pas besoin d’aller bien loin pour être surpris!!! 🙂
      La double visite de Buckingham m’a fait beaucoup rire…

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